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Les effluves de la passion

mercredi 24 janvier 2018, par Dridjo

Dans le métro, ligne 9 surchargée, une jeune demoiselle, brunette aux cheveux tombant et soyeux, lunettes rondes écailles argentés, pull en laine fin blanc, immaculé aux manches grésillées, petite jupe mi-cuisse marron à motifs aztèque noir et dégradés de gris , basket Vans pourpre brillant aux lacets blancs. Elle tient dans ses mains un livre, roman dont je n’arrive à déterminer le titre. Je l’observe quand, d’un mouvement brusque, elle relève son châle sur son nez, fronce les sourcils de dégoût et le courroux remplis ses yeux d’éclairs.
À sa gauche, debout à quelques centimètres, une espèce de grand dadais déginganté, jeans bouffant infâme de platitude, bonnet marronasse trop grand pour sa tête au regard perdu. Bien que symbole même de la banalité travailleuse du métro, je ne m’explique pas le mouvement de recul et le dégoût de la dame. Elle fronce son nez cleopatrin à s’en expulser le pharynx, s’enfonce dans son vêtement.

Puis, je comprends. Je vois le drame qui se joue ; le damoiseau lui a pété dessus. Et à en croire sa gestuelle, ce pet relève plus du coup de grisou du mineur ch’ti que du parterre de lys d’une pucelle de château nourrie de mannes célestes.
Là, à cet instant là, je suis ému devant cette possibilité d’histoire d’amour inspiration à la Barbara Cartland qui se noue. Dans 15 ans, une gamine chevelues questionnera sa mère, la bouche romantique en cœur ; « maman, comment vous êtes vous rencontré avec papa ? »

Et là, le drame !

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